En escale à Marseille : Camille, commandant de destroyer US

le cap sur Marseille
Le plus grand paquebot du monde met le cap sur Marseille
janvier 8, 2016
Une victoire pour Naples
Marseille-Naples : Une victoire pour Naples
janvier 8, 2016
En escale à Marseille

Actuellement en escale dans le Grand port maritime de Marseille, le destroyer américain USS Arleigh Burke présente la particularité d’être commandé par une femme : le commander (capitaine de frégate) Camille G. Flaherty. Celle-ci a accordé une interview exclusive à La Provence.

Est-ce votre première visite dans la cité phocéenne et comment la ville est-elle perçue dans l’US Navy ?

Camille G. Flaherty : Le bateau y est déjà venu en 2010 mais pour moi et mon équipage, c’est une grande première. Il y a environ quatre mois, quand notre état-major nous a informé que nous allions faire escale à Marseille, tout le monde à bord était en effervescence car nos chefs nous ont décrit la ville comme chargée d’histoire et d’une très grande richesse culturelle. Vous imaginez l’effet qu’une telle annonce a pu produire sur des marins dont la plupart n’avaient encore jamais quitté les États-Unis.

Quelle est la raison de cette escale en France et à Marseille en particulier ?

C.G.-F. : Nous avons quitté notre port d’attache il y a déjà deux semaines et l’équipage a travaillé sans discontinuer durant tout ce temps. De telles pauses lui permettent de se reposer, se détendre et connaître de nouvelles expériences de vie. Marseille est une escale très prisée de la Navy. Elle est également l’occasion de renforcer notre coopération militaire avec la France, en particulier avec la Marine nationale.

Combien de temps va durer ce déploiement et où votre navire sera-t-il positionné ?

C.G.-F. : Nos sorties durent généralement entre 6 et 10 mois. Pour celle-ci, nous prévoyons d’aller dans le golfe arabo-persique. L’USS Arleigh Burke permet d’effectuer plusieurs missions très différentes comme l’appui-feu de troupes au sol au moyen de notre artillerie, la lutte contre les trafics illicites et la piraterie, la défense antimissile ou la frappe en profondeur d’objectifs terrestres au moyen de nos missiles de croisière Tomahawk. Nous faisons également appliquer les sanctions ou les embargos décidés par l’ONU.

Cette escale se déroule dans un contexte international particulier, avec pour la première fois depuis longtemps une vive tension Est-Ouest et une crise située à proximité de votre zone de patrouille. Est-ce que cela se ressent sur l’organisation de votre escale marseillaise ?

C.G.-F. : Nous n’avons pas reçu à ce jour de consignes spécifiques liées à cette situation. Nous appliquons donc nos règles d’escale habituelles. L’équipage travaille une journée à bord et dispose ensuite de deux journées de temps libre. Il peut se rendre où bon lui semble pourvu que chacun regagne le bord chaque soir.

Pourquoi avoir choisi ce métier de marin et quel a été votre parcours jusqu’à ce commandement ?

C.G.-F. : Je n’avais pas de lien particulier avec la marine mais je voulais servir mon pays et avoir une vie dont l’horizon soit le plus large possible. J’ai d’abord passé un bac scientifique spécialité « océanologie » puis un master en ingénierie mécanique spécialisé en propulsion nucléaire avant d’intégrer l’académie navale en 1995. J’ai ensuite servi à bord d’une frégate, d’un croiseur et d’un porte-avions. Je commande l’USS Arleigh Burke depuis le mois de novembre 2013.

source : laprovence.com