Notre Dame de la Garde fête ses 800 ans

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La Sardine qui avait bouché le Vieux Port
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filets de rougets tièdes
Salade de filets de rougets tièdes
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Notre Dame de la Garde

Des milliers de marseillais sont montés à « la Bonne Mère » fêter les 800 ans de Notre Dame de la Garde. Le message du Pape, L’homélie de Mgr Pontier et des photos

Dès 15h les pèlerins se sont regroupés à la paroisse St François d’Assise, à St Victor, au char Jeanne d’Arc pour monter en pèlerinage jusqu’à l’esplanade.Chants, chapelet ont alternés durant les montées.Les allées étaient décorées aux multiples couleurs.

Vers 16h sur l’esplanade la célébration a pu commencer, animée par la chorale .

Mgr Pontier était entouré du père Jacques Bouchet, recteur de la basilique, du père Denis Honnorat, vicaire général, du père Jean-Marc Aveline, vicaire général.

Mais tout ceci a débuté il y a 800 ans :

En 1214 – année de la bataille de Bouvines et de la naissance du roi saint Louis -, un prêtre de Marseille, prénommé Pierre, fit édifier un petit sanctuaire dédié à la Vierge Marie sur le triangle rocheux constituant le haut d’une colline de 161m face à la ville de Marseille, alors très petite.

La colline s’appelant « La Garde », le sanctuaire fut tout naturellement appelé Notre-Dame de la Garde.

La 2° chapelle de Notre-Dame de la GardeA l’origine de cette chapelle, il n’y a donc eu ni apparition, ni miracle : elle est née de la dévotion d’un prêtre.

En 1477, elle fut un peu agrandie. Mais elle restait très petite, pouvant contenir au plus cinquante à soixante personnes.

Au XVIe siècle, la chapelle est englobée dans un fort

En janvier 1516, après sa célèbre victoire de 1515 à Marignan en Italie du nord, le jeune roi François Ier passa pour la première fois à Marseille où le rejoignirent d’ailleurs son épouse et sa mère.

Il ne manqua pas de monter faire ses dévotions dans la chapelle de Notre-Dame de la Garde. S’intéressant, en tant que roi, aux problèmes de défense, il constata avec regret que la ville de Marseille était très mal défendue. Elle était entourée d’une enceinte bien modeste, mais elle ne possédait aucun fort alors que beaucoup d’autres villes françaises en étaient déjà pourvues. Cela s’expliquait d’ailleurs très bien puisque la Provence n’avait été unie à la France qu’en 1481, soit seulement trente-cinq ans plus tôt, et les rois de France – car c’était toujours eux qui faisaient construire les forts – n’avaient pas encore eu l’occasion d’en édifier à Marseille. François Ier remonta à Paris en se disant qu’il faudrait un jour renforcer la défense de la ville.

L’occasion va lui en être rapidement donnée puisque Charles-Quint, empereur du Saint-Empire romain germanique, cherchait alors à s’emparer du midi de la France pour réunir les deux parties de son Empire (l’Europe centrale et l’Espagne). Il fit assiéger Marseille en 1524. Il ne réussit pas à prendre la ville. Mais François Ier revint alors en Provence et décida de faire construire deux forts à Marseille : l’un dans l’île d’If (le fameux Château d’If) et l’autre sur le haut de la colline de la Garde où se trouvait la chapelle.

A partir de la fin du XVIe siècle, on vit beaucoup de marins monter à Notre-Dame de la Garde. Jusqu’alors, ils allaient prier devant la statue de Notre-Dame de la Mer dans l’église Saint-Etienne située là où se trouve actuellement l’église Notre-Dame du Mont. Mais, en 1588, cette église fut démolie et les marins prirent alors l’habitude de venir à Notre-Dame de la Garde pour y prier et y déposer de nombreux ex-voto.

Pendant la Révolution française, après l’exécution de Louis XVI le 21 janvier 1793, les membres de la famille des Bourbon furent incarcérés durant six mois dans le fort de Notre-Dame de la Garde. Le culte catholique fut interdit en France en novembre de la même année. L’Etat s’empara de tous les édifices religieux. Tout ce que contenait la chapelle disparut alors : les deux statues de la Vierge (l’une en bois datant du XIIIe siècle et l’autre en argent de 1651), les cloches, les autels, les ex-voto…

En 1851, les Administrateurs de Notre-Dame de la Garde demandèrent au Ministre de la Guerre – sans trop espérer d’ailleurs une réponse positive – l’autorisation de démolir la petite chapelle et de la remplacer par un sanctuaire plus grand surmonté d’un haut clocher : comme la chapelle, ce nouveau sanctuaire se trouverait, lui aussi, à l’intérieur du fort. Malgré les objections de certains officiers qui craignaient que la structure du nouveau sanctuaire ne nuise à la valeur défensive du fort, les conseillers du Ministre émirent un avis favorable et celui-ci donna son accord le 5 février 1852.

Les responsables de Notre-Dame de la Garde demandèrent à des architectes d’établir les plans du nouveau sanctuaire. Ils eurent à choisir entre deux projets : une église de style néo-gothique et une église de style néo-roman. C’est ce deuxième projet qui fut retenu. Et, comme la basilique a été ornée un jour de mosaïques d’inspiration byzantine, on dit généralement qu’elle est romano-byzantine. L’architecte en fut Jacques Henri Espérandieu : il n’avait alors que vingt-trois ans… et il était de confession protestante.

La première pierre fut posée le 11 septembre 1853 par l’évêque de Marseille, Mgr Eugène de Mazenod. Les fidèles faisaient des dons pour le financement de la construction. Mais, au cours des premières années, l’argent vint souvent à manquer et, plusieurs fois, on dut interrompre les travaux. Après huit ans de chantier, à la mort de Mgr de Mazenod en 1861, on avait achevé de creuser la crypte dans le rocher, mais, de l’église supérieure, seuls étaient construits les murs latéraux et la base du clocher. Restaient donc à édifier la voûte de la nef, la coupole et la plus grande partie du clocher. Le successeur de Mgr Patrice Cruice fit accélérer les travaux et, le 4 juin 1864, le sanctuaire put être consacré, avec un clocher non terminé, par le Cardinal Villecourt, membre de la Curie romaine entouré de quarante-et-un évêques.

Le jour de la consécration, le 4 juin 1864

On continua la construction du clocher. Et, en 1866, on put y installer le bourdon dont la taille se trouvait désormais beaucoup mieux proportionnée aux dimensions du sanctuaire et l’on commença à édifier le piédestal de la statue monumentale.

La construction de la basilique s’acheva par la pose, en 1897, des lourdes portes de bronze. En 1914, on organisa de grandes fêtes pour marquer le 7e centenaire du sanctuaire de Notre-Dame de la Garde et le 50e anniversaire de la consécration de la basilique. Mais cette date évoque aussi évidemment le début de la première guerre mondiale, une guerre qui, curieusement, se trouve avoir constitué une date importante de l’histoire de notre sanctuaire.

sources :  notredamedelagarde.com